Rah greuh flageudeubeuh...
Par Sionnach le mercredi, août 20 2008, 14:12 - Mésaventures variées d'un Renard - Lien permanent
Oui, parfaitement. Flageudeubeuh. C'est à peu près tout ce que j'ai envie de dire quand je pense aux 3 derniers jours. Voilà. Et je vais vous raconter en détail, mais un jour va falloir qu'on arrête de vivre des trucs pas possibles à répétition, vous allez finir par plus me croire... Mais d'un autre côté, ça me donne de quoi blogguer, et vous seriez bien ingrats de vous en plaindre après la vague de sécheresse pré-déménagement.
Un récit détaillé, donc.
Tout commence heu... Avec le départ d'Auriane de Brest, dirons nous. Comme elle nous aime bien, Auriane, elle nous a laissé sa bronchite en cadeau. Moi, je n'ai rien eu de méchant, mais Marc tousse comme un damné depuis une semaine. Ce qui ne serait pas grave en soi, si l'homme de ma vie n'étais pas asthmatique. Après une première crise d'asthme à la Rochelle qui me fait décider que, cette fois c'est terminé, il ne touchera plus une seule cigarette de toute sa vie, Môôsieur Marc est pris de vertiges... En plein Mc Do ! A tel point qu'il n'a même pas fini son Big tasty et qu'il a dit : "Heu... J'irai bien à l'hosto, je me sens pas bien..."
Venant de lui, c'est effrayant. C'est un mec, et comme tous les mecs, il peut attendre d'être à l'article de la mort avant de daigner dire : "heu... j'ai mal !". On remballe en cata, et direction l'hôpital le plus proche : Morvan. Après un bon quart d'heure à errer là dedans sans trouver personne et aucun panneau autre que "gynécologie", "obstétrique", "urgences pédiatriques", "urgences ophtalmologiques"... On finit par demander un portable à des gens qui étaient là (oui parce qu'après le mc do, on devait aller au ciné, donc on avait pas pris nos téléphones), gens que je ne voulais pas déranger à la base parce qu'ils avaient l'air tous très tristes. Mais Marc pouvait plus vraiment marcher, et sa tête tournait de plus en plus, donc j'ai remballé me scrupules... J'emprunte un portable (à une dame d'une soixantaine d'années qui m'explique que son petit-fils de 4 ans est à l'agonie à l'intérieur et que les médecins ne peuvent rien... Glups.), elle est gentille comme tout... On appelle le Samu. Et là, une vrai *bip* à l'autre bout du fil :
"Mais qu'est ce que vous fichez à Morvan ? Vous savez que c'est un hôpital pédiatrique !
- Bah oui, maintenant je le sais, c'est pour ça que je vous appelle... Mon ami se sent mal, il peut pas marcher jusqu'à l'hôpital des armées, on a besoin d'une ambulance !
- Il peut parler votre ami ? Vous entendez le son de sa voix ?
- Heu oui...
- Comment vous êtes arrivez jusque là ?
- A pied, on était vraiment à côté, mais là, ça fais 20 minutes qu'on marche et je crois qu'on a épuisé son quota de la soirée..."
Elle nous passe un médecin, qui veut parler à Marc. Et là, ça dure, ça dure... D'après les réponses de Marc, le toubib insiste pour qu'on trouve un autre moyen de locomotion jusqu'au HIA. Ils veulent pas nous envoyer d'ambulances, après tout, il peut parler et il a déjà marché jusque là... Comme on fait perdre le temps de la pauvre famille, suffisamment éprouvée comme ça, qui voudrait bien rentrer en paix... Je pète un câble, une nana passe en voiture et je l'arrête, en lui demandant si ça l'embête de nous déposer aux urgences parce que le samu veut pas nous envoyer d'ambulance. Elle accepte, Marc raccroche fort peu aimablement, je m'excuse 100 fois auprès de la dame qui nous a prêté son téléphone et qui est, pour le coup, vraiment adorable et compréhensive... Et on grimpe dans la voiture de la nana.
Cinq minutes après, on est pris (enfin Marc surtout) en charge aux urgences du HIA. Sauvés. La fille de l'accueil fait des yeux ronds quand on lui explique notre mésaventures pour arriver là, ce qui en dit long sur ce qu'elle pense du samu présentement. Surtout que l'état de Marc, avec le contrecoup du stress et de la colère, ne s'est pas arrangé. Il est blanc comme une page Word vide et il est essoufflé comme s'il venait de courir un 100 mètres.
On l'envoie dans une salle de soin, et moi en salle d'attente. J'entends le médecin de garde demander : "un ECG pour le jeune homme", j'ai de nouveau l'impression d'être dans une série médicale. Dix minutes après, une infirmière vient me voir : "Vous pouvez aller lui tenir compagnie si vous voulez..."
Et là, vision d'horreur dans la salle de soin. Marc est sur son brancard avec une blouse d'hôpital, des électrodes partout... Gnih. Il m'explique qu'il a fait un pic de tension avec le stress, qu'il sent à peine ses bras tellement il a des fourmis... Je nous vois déjà passer la nuit à l'hosto.
Et puis finalement, la tension redescend, le rythme cardiaque redevient normal, un pneumologue vient l'examiner et trouve que tout est parfait. Le médecin de garde nous explique que, quand même, il a eu beaucoup de chance parce que ça fait un an qu'il prend son médicament contre l'asthme de travers (c'est à dire comme un traitement immédiat des crises au lieu de le prendre 2 fois par jour comme un traitement de fond) et que c'est un coup de bol qu'il ait jamais fait de grave crise d'asthme, sinon ça n'aurait servi à rien. Le fait qu'il ait eu l'impression que ça soulageait ses crises c'est parce que, comme c'était jamais de grosses crises, le simple fait de prendre un médicament ça le soulageait... Et donc, on a fini par rentrer... Grâce à Ben qui est gentiment venu nous chercher en voiture...
Après quoi, un bon chocolat chaud avec de la cannelle, un atarax pour faire passer tout ça et une bonne nuit de sommeil.
On pourrait penser que ça suffit ? ET BAH NAN !
Le lendemain, on devait aller à la fac (qui rouvrait ce jour là) pour déposer, enfin, mon dossier de transfert. Donc, debout tôt et direction la fac, le bureau de scolarité centrale. Là, un mec avec l'air ahuri me dit : "Ah bah nan, je peux rien faire pour vous. Faut aller au campus Segalen, à l'UFR de Sciences Sociales". Le même campus qui était censé fermer jusqu'au 26 (lendemain de la date limite de retour des dossiers). Le mec me soutient que non, non c'est ouvert. Alors on y va. Effectivement, c'est ouvert mais c'est dé-sert. Pas un rat, même pas de lumière dans certains couloirs. Rien. En plus, on arrive devant le bureau du secrétariat : ouvert, le matin, jusqu'à 10h45. Il est 11h. Et ça rouvre à 14h. Donc, retour maison.
On revient, à 14h pile. On attend. On attend encore. 14h30 : Rien. Même les bureaux censés ouvrir à 13h30 sont fermés, je commence légèrement à m'énerver. On croise une dame, on lui demande et : "Ah moi, je suis de la bibliothèque, mais ce que je peux vous dire c'est que, à cause des travaux, l'électricité est coupée dans tout le campus, on est fermés jusqu'au 20 inclus. Et je pense que c'est pareil pour les secrétariats."
Je manque de manger mon dossier.
Rien à foutre, on retourne à la scolarité centrale en se disant : "bordel, c'est la scolarité *centrale* , y'a bien quelque chose qu'ils peuvent faire pour nous ! "
Et bah nan. On retombe sur le mec à l'air ahuri, qui me répète inlassablement avec son air de me prendre pour une conne qu'il "comprend la situation mais que non vraiment, je ne peux rien faire pour vous". Je m'énerve, je lui dis que merde, c'est la scolarité centrale je vois pas pourquoi il pourrait pas prendre mon dossier ! Et qu'il y a bien quelqu'un dans ces bureaux qui doit pouvoir faire quelque chose pour moi ! Que je voudrais au moins un justificatif, au pire, disant que oui, j'avais mon dossier complet DANS LES TEMPS mais que personne n'était disposé à s'en charger. Réponse : "Mon responsable sera là dans un jour ou deux. Y'a encore personne dans les bureaux là..." Je lui balance, pour la forme, que si c'est indiqué que c'est le 18 aout que ça rouvre, je comprend vraiment pas pourquoi y'a personne... Et que tiens, si nous les étudiants on s'amusait à rentrer quand on veut, on serait bien emmerdés. Et puis, on s'en va parce que sinon, j'vais pas tarder à lui faire bouffer son bureau par un trou désagréable.
Dehors, je craque (un peu). Je fonds en larmes, parce que j'en ai ras le bol, que j'ai pas encore eu de vraies vacances, pas un seul jour où j'avais pas à me dire "grands dieux, et si ça se passe mal".
Au bout de 5 minutes, une fille du service de communication sort pour savoir si elle peut faire quelque chose pour nous, alors bon, je lui explique et effectivement, elle peut rien faire. Mais au moins, elle m'écoute un peu, elle comprend et tout et ça fait du bien de parler à quelqu'un qui ne se transforme pas en mur de béton. Et là, une voiture arrive. Un monsieur sort, demande ce qui se passe, et moi désespérée, je lui tends mon dossier : "Je veux qu'on prenne çaaaaa ! ".
Réponse : "Bah oui, je vais le prendre moi. C'est quoi ?"
Explications. Explications. Sourire. Hochement de tête. " Je vais l'envoyer à Segalen en courrier interne, ça part cette aprèm." Et la demoiselle de préciser : "C'est le directeur du cabinet du président de la faculté."
J'aurai pu lui faire un câlin. Je lui demande 15 fois s'il est sûr, et de faire attention, et de vraiment l'envoyer et tout. Et on finit par repartir.
Greuh.
Donc je réitère : Flageudeubeuh.
Et pour la petite histoire, je sais plus si j'en avais parlé... Mais, suite à un malentendu, ma banque voulait fermer mon compte de Paris avant que deux chèques de 200 euros chacun soit débités (vous aussi, portez des lunettes), j'avais donc fait deux nouveaux chèques à mon opticien en juillet pour pas qu'il fasse de bourdes. Il m'avait dit les avoir reçus... Et là, juste avant de fermer son cabinet jusqu'au 25 : Il a encaissé un des deux chèques qu'il aurait du annuler. Aha. Ahahahah. Bien m'en a pris de laisser de l'argent sur l'ancien compte "au cas où", mais putain ! J'vais l'appeler dès qu'il ouvre parce que le compte ferme à la fin du mois et que s'il se plante encore de chèque en septembre, l'interdit bancaire c'est sur moi qu'il tombe puisque j'aurai plus de compte à Paris !!
Je vais bien. Touuut va bien. Aha. Je suis calme. Au moins, la fac c'est quasi fait. Et j'ai plus d'herpès.
Donc, je vais bien.
Mais j'les collectionne un peu, cet été... Vous trouvez pas ? ^^

